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Le monde du Social

Jeudi 8 mai 2008

 

Nous vivons un moment important quant à l'avenir du social.
Le coup d'envoi, c'est la loi pour la gratification des stagiaires dans le cadre de l'égalité des chances.
Les entreprises privées devraient payer environ 380 euros aux stagiaires qui effectuent un stage de plus de trois mois.
Un rapide coup d'œil et rien n'interpelle. Quoi de plus normal et de plus juste pour un stagiaire qui travaille (et souvent plus qu'il ne devrait) que de toucher une rémunération : le fameux « tout travail mérite salaire », hein ?
Mais attardons-nous un peu, la pomme est peut-être empoisonnée.


Les formations du social sont prises en charge par les centres IRTS (Institut Régional du Travail Social).
Ce sont des formations professionnelles qui impliquent une alternance entre cours théoriques en centre et périodes de stage plus ou moins longues, le tout sur trois ans.
Il revient donc aux étudiants, aidés de leur centre, de rechercher un terrain de stage qui veut bien d'eux.

Vous me direz que le social n'est pas concerné car les employeurs viennent surtout du public et n'ont donc rien à payer.
Vous auriez tort. Beaucoup de stages se trouvent dans le privé, comme par exemple les associations.
Vous me crierez que les associations peuvent bien payer s'ils veulent des stagiaires ! Vous auriez un peu raison, mais que dans un monde idéal. En bref, vous seriez naïf.

Alors, où est le problème ?

Il est simple à comprendre.
Tout d'abord, les étudiants ne voudront que des stages "gratifiants".
Ensuite, les entreprises privées ne chercheront plus qu'un « retour sur investissement » lorsqu'ils choisiront un stagiaire. Ce ne serait plus fait que dans une perspective de recrutement.
Enfin, mis à part la minorité d'entreprises pérennes, les PME ne prendront tout simplement plus de stagiaires.

Même dans le cas où le gouvernement reverserait une prime pour motiver les entreprises, il faudrait qu'elles soient versées à temps pour être prise en compte à temps dans le budget de l'année.
Quand on sait que certains titulaires ne sont plus remplacés par manque de moyens... On imagine le résultat quant aux stagiaires.

Ainsi, le monde du social est menacé.

Si les IRTS ne peuvent plus assurés des terrains de stage en nombre suffisant aux étudiants, les diplômes ne peuvent plus êtres validés.
A moyens terme, les IRTS disparaissent et dans le cadre de la volonté d'harmonisation européenne des formations supérieures, les futurs assistants sociaux passent sous la coupe des universités.

 Qu'est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire que la formation perd sa spécificité et ne réussit plus à affirmer ce qui fait sa véritable plus-value : la relation d'aide à la personne, son savoir-faire.

Entrevoyez-vous à quel point cette pomme est amère ? Une fois inoculé, le poison effacera ni plus ni moins la fonction même du travailleur social en ne faisant de lui qu'un administratif de base de plus, en d'autres termes, un exécutant.

Malheureusement, les étudiants ne bougent pas tous dans le bon sens. Ils ne veulent qu'une pomme encore plus grosse ! Ils demandent à ce que les stagiaires du public soient aussi rémunérés...
Plus la pomme est grosse, plus le poison est présent.

C'est pour tout cela que je vous appelle à vous mobiliser en rangs serrés.
Contre les pommes de la discorde, choisissez les raisins de la colère ! Mais colère pour les bonnes raisons :

Dites simplement NON à la gratification des stagiaires !
(Mon Dieu, dans quel monde vit-on ?! Je n'aurais jamais imaginé pouvoir écrire ça un jour...)

Par Philobof
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Samedi 10 mai 2008
La marche des étudiants se poursuit. Avec le principe même d'alternance, reconnu par tous comme nécessaire à l'acquisition de savoir-faire, ce sont les formations du social  qui son condamnées.
En effet, avec des stages obligatoires pour la validation des ^diplômes d'Etat, mais sans assez de terrains de stages, les centres IRTS (Instituts Régionaux du Travail Social) ne sont plus en mesure de remplir leurs missions.
A terme, qu'en adviendra t'il des professionnels du social?
L'heure est grave! Il faut s'unir et se rassembler pour faire pression sur cette pseudo loi pour l'égalité des chances (décret n° 2008-96 du 31 janvier 2008).


Un mouvement National de grève est prévu pour le mardi 13 mai 2008.
Il sera en partie suivi à La Réunion.


Les revendications sont:

- L'égalité du traitement public/privé: la loi prévoit que seuls les associations devront porter le poids du financement des stagiaires. Cela entraînerait les étudiants à discriminer les terrains de stage.

- Des précisions et changements sur les aides de l'Etat aux associations pour le versement de la gratification. Dans le cas contraire, les associations ne prendront simplement plus de stagiaires (politique de réduction budgétaire) : ce sont les formations du social qui sont condamnées (les stages sont obligatoires), et le principe même d'alternance est remis en question.

- L'harmonisation du versement de la gratification selon le mode de financement des tagiaires. Ceux aux assedics et ceux financés par un CIF n'y ont pas droit. Pour les bourses et Cnasea on ne sait pas vraiment...
Les entrerprises risques de sélectionner les étudiants non plus sur leurs compétences mais sur le simple fait qu'ils doivent oui ou non leur verser la gratification.

Cette soi-disante loi pour l'égalité des chances est en fait discriminatoire puisque:

- Le traitement des organismes payeurs est inégal.

- Le traitement des bénéficiaires l'est également.

Enfin, les risques de dérapages sont légions :

- Les entrerprises pérennes pourront s'acheter des stagiaires à contrario des PME.

- Les boîtes privées qui le peuvent voudront un retour sur investissement et les stagiaires perdront leur place d'apprenant contre une relation employeur/employé. Ils ne seront pris que dans une sorte de "pré-recrutement".

Les associations ne pouvant déjà plus remplacer leurs titulaires absents, ne prendront des stagaires que pour des stages d'une période inférieure à trois mois. Ceci pénalisera toute une partie de stagiaires qui ont des stages obligatoires plus longs.

Ces dérapages qui ont déjà commencé:

- Comme le budget des entreprises est scéllé à N-1, même avec une promesse de subventions, primes ou autres, les étudiants en cours d'année sont remerciés. Et malgré la bonne volonté d'une certaine Région (une seule qui accepterait de débloquer une enveloppe d'urgence de 1 millions d'euros!), plusieurs étudiants risquent de perdre le bénéfice de leur année (la dernière pour certains)!

- Les étudiants fraîchements arrivés se voient refuser des terrains.

- Sur les forums, certains directeurs d'associations ont déjà manifesté leur décision de ne plus prendre de stagiaires pour plus de trois mois (cf forum du social).

Nous, les étudiants du social, sommes soutenus par les IRTS, certaines Régions, l'ANAS et avons l'accord tacite de certains élus.
C'est maintenant qu'il faut agir: le rendez-vous National est pris pour le mardi 13 mai 2008.
Par Philobof
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Dimanche 1 juin 2008

Les étudiants de l'IRTS Réunion étaient là pour la manifestation du 13 mai, avec le mouvement des étudiants de l'éducation nationale.

Les travailleurs sociaux en danger: plus de stages...


Il faut une égalité de traitement, l'état ne peut se défausser.


Les étudiants de l'IRTS Réunion ne laisseront pas se fissurer le ciment social.

Mais il se pourrait qu'il y ait une issue favorable...wait and see!
Par Philobof
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