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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /Nov /2006 12:59
04/02/2002

Le plaisir est intimement lié à la douleur; le désir non assouvi ou retardé en est le nerf.
Seulement pour elle, le plaisir c'est ma douleur; malheureusement pour moi, mon désir, c'est son plaisir!

L'air était lourd et les murs cultivaient cette lourdeur dans un espace triste et confiné. Des murs gris, délabrés dont les blessures dessinaient de monstrueuses figures qui me narguaient. Chaque inspiration s'emplissait alors d'une aigre saveur, chaque expiration ajoutait enfin à cette laideur.
Rien d'autre dans la pièce; rien d'autre que moi. Attaché et apeuré, blessé aussi par ces liens qui serraient trop fort. Les douleurs se multipliaient dans ce corps qui n'était presque plus mien; car cela faisait trop longtemps que j'étais resté là, immobile, les yeux livides.
Puis, soudain, ce bruit, ce son; affreuse et languissante mélodie qui me terrifiait, qui m'électrisait. Le rythme de ses pas, le frottement sourd de sa main sur le plâtre des murs... Je transpirais, je suintais et chacune de ces gouttes brûlait ma peau comme la chaude pointe d'une lame qui torture.
Et la porte s'ouvrait en criant son ouverture par une plainte aiguë et métallique. Et il apparaissait, mon tortionnaire, et toujours silencieux, contemplait mon corps nu et offert malgré moi.
Je le regardais aussi et cherchais à comprendre ce vengeur recouvert de cuir noir, ce terrible seigneur au sombre regard, cet ange déchu au fouet flamboyant.
Par Philobof - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /Nov /2006 12:56
10/01/2002

Il arrive que nos fantasmes soient si forts et si "vrais", qu'ils finissent par exister.
Ils se sacrifient pour nous enivrer et nous permettre d'espérer;
C'est pour cela que nous leur devons de les réaliser et ainsi leur rendre la liberté...

Elle me regarde; elle me regarde puis me sourit. Son sourire s'est habillé du silence et toujours ce regard qu'elle me lance... Je vendrais mon âme pour savoir ce qu'elle pense.
Je la regarde; je la regarde puis la déshabille. Mon sourire s'est fondu en ce silence et au travers de ses yeux, je m'élance... J'ai offert mon corps pour sentir comme elle danse.
Elle me voit; je le sens, je le sais. Elle me boit, et moi, je me laisse glisser.
J'ai connu sa gorge et découvert son ventre, mais toujours ce regard...Et toujours... Je ne sais!
Mais qu'à t-elle à me regarder? Ne m'a-t-elle pas suffisamment dévoré? N'a-t-elle pas liquéfié mon corps, n'a-t-elle pas soufflé mon âme et brisé l'amphore?
Elle me regarde; elle me regarde, je lui souris. Mon sourire qui, en silence, s'est fondu dans le flou de ses yeux.
Et ces yeux, du bleu des rêves, me sourient maintenant!
Puis, j'ai compris. En baissant mes paupières sur le rosé de ses joues, j'ai compris qu'elle ne me regardait pas, j'ai saisi qu'elle ne se contemplait qu'elle; qu'elle ne regardait que celle, qui avait su au premier regard, ne faire de moi qu'une lueur au fond de ses yeux...
O triste amoureux prisonnier de ses voeux!
Mais, elle me regarde; elle me regarde puis se sourit. Son sourire m'a entouré de silences et toujours ces regards qu'elle me lance... Je vendrais mon âme pour ne plus vivre ce qu'elle pense!
        
Par Philobof - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /Nov /2006 11:47
09/01/2002

Il est nécessaire pour se trouver et se connaître d'expérimenter cet "autre" qui nous hait. Ô, moralistes, laissez-moi m'égarer et me tromper; laissez-moi suivre un autre sentier pour enfin découvrir qu'il existait d'abord un droit chemin! Ma route.

Le soleil est brûlant, l'air lourd; ma peau est moite et mes vêtements collent. J'ai du mal à garder les yeux ouverts tant ma sueur est épaisse et abondante. Pourtant, je me sens bien. Je n'ai jamais ressenti une telle légèreté!
Mes muscles sont raides, ma peau écorchée, ma bouche saigne et pourtant je ne me suis jamais senti aussi fort!
Une odeur de sciure de bois vient relever l'acidité du sang qui se glisse sous ma langue; les douleurs de ma chair torturée se mêlent et nouent ma gorge; pourtant, jamais saveur plus délicieuse n'a su autant me charmer!
Et je regarde ces corps. Je regarde encore. Et je me délecte du décor, avec l'oeil satisfait d'un metteur en scène, celui des plus belles tragédies...
Et je ne comprends déjà plus cet être qui marchait alors, lourd d'angoisse, mort tant de fois, mort de n'avoir jamais su se battre pour terrasser la peur; cette laide que je venais de crucifier en acceptant un combat, le combat.
Quatre inconnus pourtant trop connus; ils voulaient me battre et me voler... En acceptant de combattre, je me suis envolé!
Car je n'aurai plus peur, car je vivrai de coeur maintenant que je suis libre et léger; car je volerai les heures, car aujourd'hui la vie m'appartient!
Leur dépouille ne saurait m'enlever la peine, mais m'apporte la joie : celle de savoir que je ne provoquerai plus telle violence par la seule faute d'un regard qui ne l'avait jamais connu...
Par Philobof - Publié dans : Fulgures
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /Nov /2006 14:56

Vous croyez être le roi de la séduction et du libertinage. Rien ne résiste à vos traits d'humour, aux reflets de votre beauté et à vos éclairs d'intelligence. Tout être mû de vie est objet potentiel de votre plaisir à venir. Insatiable, votre appétit à depuis, assujetti les esprits les plus obtus, les corps les plus hostiles , les âmes les plus vertueuses. Non, rien, ni personne ne vous résiste.
Mais, à y bien regarder, en êtes-vous si sûr? Ne reste-t-il pas un espace, même infime, un village pour d'irréductibles gaules, dans lequel vous ne vous êtes jamais aventuré?
N'existe-t-il pas un fragment organique, tapi dans l'ombre, resté vierge de toute intrusion?
Vous êtes un magicien, certes mais sachez que cela est encore insuffisant pour que vous puissiez prétendre être... Le seigneur de l'anneau!


LE GRAND OEIL

Lorsque l'aube claire s'enfuit, rompant toutes ses promesses heureuses; lorsque chaque centimètre de cette peau de l'autre à enfin été exploré, caressé, embrassé de toutes les façons, au travers de toutes les perspectives, lorsque l'esprit s'est troublé d'avoir livré l'ensemble de ses désirs trop clairs, "que reste-t-il de nos amours?"
Alors qu'on ne le voit pas, qu'on l'ignore, lui, regarde et inspecte sans répits, surveille toujours et voit tout: c'est l'oeil sans paupières.
Le grand oeil s'illumine dans l'atmosphère dilatée du crépuscule, où s'échappent en gerbes murmurées, "sous le vent cruel qui les repousse", les secrets inavouables d'alcôve.
Et "il respire, humblement tapi parmi la mousse", attendant son heure lointaine et tardive, où viendra s'aboucher à sa ventouse le prince de l'aube.

"COMME UN OEILLET VIOLET"

Vous y êtes presque, survivant d'une rupture romantique dans la chute de ses reins. Surmontant l'envie désespérée de vous laisser mourir de soif sur le désert aride de ses fesses aux ondes serrées, vous ne pouvez vous retenir de tomber et rouler entre les dunes, là où la pente vous appelle...
Il est là, le moment. Le moment ultime qui, entre filaments et effluves acides, vous pend au nez! La pâte de cet instant de grande solitude, alors que vous restez bouche bée devant le spectacle immonde de votre propre émerveillement, vous entraîne alors dans la danse de ses sables humides  et mouvants. Laissez-vous bercer et porter une minute: le temps de voir se dessiner plus nettement "comme un oeillet violet".
Vous y êtes! Et avez mis le doigt dessus !Sur le bout de votre phalange, jusque sur votre lèvre tremblante, se détend soudain l'érotisme oublié à l'autel d'un ange déchu.

"LA TERRE DU MILIEU"

Le temps s'est arrêté. Seul le silence gronde. Vous glissez maintenant dans le tourbillon régulier de cette "olive pâmée".
Vous commencez à peine à y découvrir les secrets enfouis, d'où naissent les arborescences innervées du sens de votre existence.
"La flûte câline" qui vous sert ses airs divins, vous révèle et raconte l'origine de cette force qui pousse l'homme: le désir. Ce dernier n'existe que par ce qu'il n'est pas, et vous revient toujours parce que vous n'êtes rien.
En tirant la langue, vous, jadis le naïf zobbite, peinez à comprendre, mais sentez bien que c'est ici, dans les bords bruns de cet ourlet, que vous allez apprendre.
Et, armé de votre nerf de la guerre, vous avez décidé de vous laisser engloutir dans le ventre de ce trou noir, rupture dans l'horizon, où "la céleste praline", se déployant en aurores boréales, vous fera bientôt renaître plus fort.
Voici le principe même de la "terre du milieu" et de son cratère brûlant, no man's land qui n'accepte de s'ouvrir au porteur que pour démontrer par la chair que la vie est un cul de sac (l'inverse est valable aussi), qui ne serait rien sans ses petites morts.

LE SEIGNEUR DE L'ANNEAU

De retour enfin de ce long et profond périple, revenu "à travers de petits caillots de marne rousse", ressortissant victorieux de cet orifice "obscur et froncé", mais "humide encore d'amour", celui qui a enterré votre innocence et bu "vos larmes de lait", vous restez vide et silencieux aux côtés des spasmes que vous procura la révélation du "crépuscule des dieux".
Même si vous êtes encore ce guerrier blessé par un trou de balle, et que vous souffrez encore, vous savez à présent que par cet acte sacré, cette intromission consentante, vous n'êtes plus seul pour affronter les ombres du jour, les difficultés de la vie.
Vous avez maintenant et pour toujours la possibilité de ce partenaire qui a généreusement et amoureusement offert le point final de sa vie au point-virgule de votre désespoir.
Ce plaisir, naissant d'un espace infime, vous appartient maintenant corps et âme, à vous deux, rien qu'à vous.
Vous êtes Glandalf le rose, le seigneur de l'anneau et vous diffusez dorénavant votre invulnérable richesse en rondelles d'amour tout autour de vous.
Et quoi qu'il en soit, au sortir de cette fabuleuse épopée, il restera à la valeureuse, au valeureux, comme un goût ...gravé dans les annales.
Par Philobof - Publié dans : Sexo
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /Nov /2006 11:48

Qui n'est pas resté figé, foudroyé par le coup de pied dévastateur de Tony Jaa dans la première scène de combat du film Ong-Bak? Après Bruce pour le Jet Kune Do, Jackie et Jet pour le Kung-fu, le Muay Thaï a trouvé son héros moderne. Mais s'il est indéniable que l'acteur n'est pas qu'une chimère, s'étant entraîné pendant quatre ans pour le film à la version guerrière de cet art, qu'il a insufflé un élan nouveau à la discipline, le Muay Thaï est beaucoup, beaucoup plus que cela.

LA RICHESSE D'UNE CULTURE

Aucune trace écrite ne subsiste des origines du Muay Thaï, les archives ayant été détruites par l'invasion des Birmans en 1767. Mais comme toute histoire, elle a ses mythes: Phra Chao Sua, le "roi tigre", et Naï Khanom Tom, le héros prisonnier qui terrassa les meilleurs maîtres birmans à tel point qu'il fut libéré pour son panache...
C'est avant tout un art guerrier, appelé pahuyut, puis Muay Thaï Samay Boran (seuls les militaires avaient le droit de pratiquer), qui n'est devenu Muay Thaï qu'à l'époque moderne, où l'on recherche déjà plus à institutionnaliser la pratique.
Muay Thaï veut dire boxe libre. Libre, comme ce peuple Thaï qui a su garder toute sa personnalité culturelle au travers des âges tourmentés.



LES CAMPS D'ENTRAÎNEMENT THAÏ

Cette image persiste, d'une végétation dense, dans un endroit loin de tout, où soudain, apparaît un groupe d'habitations en bois recueillant dans le silence et la sueur des combattants ne vivant que pour et part le Muay Thaï authentique et ancestral.
Médiatisé encore par le film retraçant la vie du boxeur français Dida, Chock Dee, le rêve de beaucoup de jeunes est de partir en laissant tout derrière soi, prêt à tous les sacrifices et humiliations afin de profiter de ces entraînements traditionnels.
Mais il faut savoir que là-bas, le Muay ThaÏ est un véritable phénomène de société: plus de 6 000 camps, 70 000 boxeurs pro, deux immenses stadiums que sont le Lumpinee (géré par l'armée) et le Radjadamnoen (géré par la police), et des millions de spectateurs. Bien plus qu'un sport, c'est toute une vie!
Et une grosse histoire de sous... La victoire d'un boxeur à une de ces prestigieuses manifestations peut faire vivre tout un camp pendant des mois (50% des gains pour l'entraîneur).
Le jeune coq français parti à la recherche de l'essence même de sa passion devra dépasser bien des obstacles: la promiscuité dans les camps, l'hygiène, les blessures, la barrière de la langue... Mais, s'il persévère, il pourra découvrir la raison qui le pousse, le sens profond de son existence, et retenir les vertus du bouddhisme dans le noble refus d'extérioriser sa souffrance, de maîtriser sa douleur, et de respecter ceux qui transmettent le savoir.
Finallement... Apprendre à vivre.


LA FRANCE, TERRE D'ADOPTION

La France a très vite senti le potentiel extraordinaire du sillapa (art) Thaï. Dès 1975, des Patrick Brizon, Roger Paschy, en 1979, des Jacques Mairesse et Gilles Belloni se rendent à Bangkok pour s'imprégner du Muay Thaï. Revenus vers la France, ils fondent de véritables foyers d'entraînement d'où jailliront les flammes à venir.
Mais si le Muay Thaï rencontre instinctivement un succès populaire, il se heurte à la jalousie et l'hostilité de ses disciplines soeurs et des pouvoirs publics. Cet art doit s'affilier à un autre (judo...) pour des représentations publiques qui ne sont pas validées hors du territoire.
Il faudra attendre 1981 pour qu'une fédération voie le jour et qu'une régulation commence doucement.
On trouve plusieurs niveaux avec des catégories D, C, B et A. Plus on monte (vers A), moins il y a de protections et la durée et le nombre des rounds est plus élevé.
C'est ici qu'on arrive à la France, deuxième nation de Muay Thaï du monde! Avec un patrimoine riche de performeurs comme Dida, Nikémia (il a son propre camp en Thaïlande!), Le Banneur, et tant d'autres (les nouvelles vagues), le pays est promis à un bel avenir. Ainsi, l'empereur du Muay Thaï, Ratanasuban lui-même, affirme que la France est du niveau de la Thaïlande (voire plus) pour les 65-70 kilos.


Le Muay Thaï est un art martial riche et un sport de combat extrêmement efficace. La France offre aujourd'hui des entraînements tirés de l'expérience des camps thaï, mais avec le savoir faire technique et scientifique de l'Occident. Cette synergie permet par exemple de diminuer les risques inutiles de blessures, tant que l'on est pas prêt, par le port de protections.
Reconnu déjà comme le ou l'un des maîtres du sport de percussion (tous le pratiquent au Pride), il est en plus un sport de préhension redoutablement efficace.
Alors, il est temps de s'y mettre pour enfin savoir qui l'on est, explorer ses derniers retranchements et devenir ce que l'on appelle communément... Un Homme!
Par Philobof - Publié dans : Sport
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Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /Nov /2006 21:12




 

Patricia Philippe et ses musiciens arrivent au devant de la scène avec un premier album qui n'en finit plus de tenis ses promesses (deuxième meilleure vente derrière Davy Sicard). Du talent, du caractère, de la tradition: La Réunion va être "Choké".

L'enfance de l'art

Après un radio crochet surprise à la foire de Bras-Panon, qu'elle gagne à 14 ans, Patricia se façonne un destin. On ne peut rester indifférent lorsqu'on se penche un moment sur son étonnante carrière. De la chansonnette poussée sous la douche, elle intègre rapidement la troupe folklorique Créoli pour y apprendre l'expression corporelle, le chant, la danse, la mise en scène... Puis, d'une fleur derrière l'oreille, elle passe au théâtre de Louis Jessu, avant de former un duo avec un pianiste, où elle interprétera pendant 12 ans pas moins de 3000 morceaux de variété internationale.

En la revoyant, beaucoup se souviennent des larmes d'un moment magique où, dans l'éclairage tamisé d'un hôtel, elle a matérialisé Edith Piaf devant des yeux incrédules.
Il faudra attendre 1999, lorsqu'elle intègre le groupe Ziskakan, pour la voir briller à sa juste mesure: présentée comme choriste, elle est bien plus que ça, tous le savent, et elle s'impose comme le pendant féminin du grand Gilbert Pounia lui-même.
Enfin, depuis deux ans, elle s'affiche comme ce qu'elle est réellement: une voix, une solidte, une présence, un charisme, un auteur compositeur de talent. Elle roule pour elle, sans jamais se trahir, s'attenant au besoin irrépréssible d'envoûter.

Le prix de la liberté

Avec son premier album "Choké", elle réalise enfin un rêve. Mais combien sont-ils qui, pour arriver à leurs fins, plongent et se renient? Combien acceptent, souvent au prix de leur âme, de se vendre aux majors puissantes et décharnées, et ne prennent plus eux-mêmes leurs décisions artistiques?
"Un rouler ne doit jamais s'arrêter"... Voilà un exemple des règles illégitimes qui s'abattent et écrasent injustement le pouvoir créatif de l'artiste, trops souvent précaire, qui fait le choix de la facilité...

Dans l'ultime ambition d'être toujours authentique, Patricia Philippe a préféré les arcanes sombres de l'autoproduction afin de ne jamais trahir celui pour qui elle vit corps et âme: son public.
Alors une basse électrique dans un maloya? Oui, si cet instrument retranscrit une émotion vive et précise; il ne tuera pas le genre musical: le maloya est bien plus fort que ça, c'est une culture qui s'enrichira plutôt que de mourir.
Ce choix vital s'est imposé à la guerrière d'ébène: le pain de l'artiste, du poète... La liberté d'être soi.

Du rêve à la réalité

Lorsque le mot "artiste" est prononcé, tout bascule dans un univers embrumé, habillé de rires, d'applaudissements, de gloire, de succès et de voyages. On ne conçoit que la bohème douce d'un être qui a la chance de vivre ses rêves.
Mais comme à chaque fois, la réalité est tout autre. Un artiste, c'est avant tout un intermittent du spectacle qui percute un mur de chiffres monstrueux: 43 prestations sur 319 jours (10 mois), 507 heures de travail qu'il faut pouvoir déclarer pour garder son statut, un statut d'argile...
Relevant de la prouesse, l'artiste qui se retrouverait en dessous de ce seuil perdrait tout, et devrait passer un an sans allocations pour qu'on lui accorde d'intégrer à nouveau le système.

À cela s'ajoute la concurrence déloyale de ceux, même bons, qui cumulent la fonction d'artiste à un emploi sûr et rémunéré... Acceptant de jouer pour des cachets indécents, ils barrent la route à ceux qui en vivent et ne peuvent lutter.
Mais contre vents et marées, Patricia, la lionne bénédictine, avance, entourée de musiciens prestigieux comme Dominique Tambouran (guitare), Sully Anna (basse), Philippe Baraka (batterie), pour permettre au public réunionnais d'élire et d'aimer la tête haute une musique sortie du coeur de l'île.

Entre coups bas, problèmes techniques, jalousie, rancune, elle continue, vibre et invente la musique, entre tradition et modernité, pour prouver au monde que La Réunion n'est pas juste un triste choix entre une musique identitaire ou commerciale...
Au milieu, "ver le maloya, cé pa la fin d'listoir, nou continu", Patricia Philippe lé la, é bien la!

Par Benoit Macresy - Publié dans : Culture
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